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Quercétine : bienfaits, propriétés et biodisponibilité

Quercétine : un flavonoïde aux multiples bienfaits pour l’organisme

Présente dans les oignons rouges, les câpres, les pommes ou encore les baies, la quercétine appartient à la grande famille des flavonoïdes. 

Ces pigments naturels participent aux mécanismes de défense des végétaux face aux agressions extérieures. 

Une fois consommés, ils peuvent également interagir avec plusieurs voies biologiques impliquées dans le stress oxydatif, l’inflammation et la santé cardiovasculaire.

Les recherches menées sur la quercétine mettent en évidence un potentiel intéressant, mais aussi une limite importante : sous sa forme classique, elle est relativement mal absorbée par l’organisme. 

Ses effets dépendent donc autant de la quantité ingérée que de la forme utilisée et de sa biodisponibilité.

Qu’est-ce que la quercétine ?

La quercétine est un polyphénol, plus précisément un flavonol, naturellement synthétisé par de nombreuses plantes. 

Elle contribue notamment à protéger leurs cellules contre les rayons ultraviolets, les agents pathogènes et les variations environnementales.

Dans l’alimentation, elle est principalement apportée par :

  • Les câpres.
  • Les oignons rouges et jaunes.
  • Les pommes, surtout lorsqu’elles sont consommées avec leur peau.
  • Les raisins et les fruits rouges.
  • Le brocoli et le chou kale.
  • Le thé.
  • Certaines herbes aromatiques.

La teneur des aliments en quercétine varie fortement selon la variété végétale, les conditions de culture, la maturité et les méthodes de conservation ou de cuisson.

Dans les végétaux, la quercétine se trouve généralement liée à un sucre sous forme de glycosides de quercétine. Cette structure influence sa solubilité, son passage à travers la paroi intestinale et son métabolisme.

Les bienfaits de la quercétine 

La majorité des propriétés attribuées à la quercétine repose sur des mécanismes observés en laboratoire ou chez l’animal. 

Des essais cliniques chez l’être humain existent également, mais leurs résultats restent variables selon les doses, les formulations et les populations étudiées.

Il convient donc de parler de potentiels effets biologiques, et non de présenter la quercétine comme un traitement.

Une activité antioxydante étudiée

Le fonctionnement normal de l’organisme produit des molécules réactives appelées radicaux libres. Lorsqu’elles deviennent trop nombreuses par rapport aux capacités de défense antioxydante, un stress oxydatif peut apparaître.

Ce déséquilibre est susceptible d’endommager les lipides, les protéines et l’ADN. Il est notamment favorisé par le tabac, la pollution, une exposition solaire excessive, une alimentation déséquilibrée ou certaines inflammations chroniques.

La structure moléculaire de la quercétine lui permet de neutraliser certaines espèces réactives et de fixer des ions métalliques impliqués dans les réactions d’oxydation. 

Elle pourrait aussi agir indirectement en modulant les systèmes antioxydants cellulaires, notamment les voies liées au facteur Nrf2.

Cependant, une activité antioxydante mesurée en laboratoire ne garantit pas automatiquement un effet clinique chez l’être humain. 

L’Autorité européenne de sécurité des aliments estime que les données disponibles ne permettent pas d’établir une relation de cause à effet suffisante pour revendiquer officiellement une protection de l’ADN, des protéines et des lipides contre les dommages oxydatifs.

Une action sur les mécanismes de l’inflammation

L’inflammation est une réponse naturelle indispensable à la défense et à la réparation de l’organisme. Elle devient problématique lorsqu’elle se prolonge ou se dérègle.

Les études expérimentales suggèrent que la quercétine peut intervenir sur différentes voies de signalisation de l’inflammation, parmi lesquelles NF-κB, ainsi que sur la production de certains médiateurs comme le TNF-α, l’IL-6 ou les prostaglandines.

Les résultats cliniques sont toutefois hétérogènes. Les effets semblent davantage perceptibles chez certaines personnes présentant déjà un terrain inflammatoire ou métabolique que chez les sujets en bonne santé. 

La quercétine ne doit donc pas être considérée comme un substitut à une prise en charge médicale.

Quercétine et réactions liées à l’histamine

Homme avec veste en cuir noire qui se mouche avec  cerisiers en fleurs et herbe en arrière-plan

La quercétine est souvent étudiée dans le contexte des réactions allergiques saisonnières. Cet intérêt vient notamment de son action observée sur les mastocytes, des cellules immunitaires capables de libérer de l’histamine.

Des travaux réalisés sur des cellules suggèrent que la quercétine pourrait contribuer à limiter la libération d’histamine et d’autres médiateurs inflammatoires. Ces mécanismes expliquent son utilisation fréquente dans les compléments alimentaires destinés au confort respiratoire saisonnier.

Les preuves cliniques restent néanmoins insuffisantes pour affirmer qu’une supplémentation traite une allergie ou remplace un antihistaminique. 

En cas de symptômes importants, persistants ou accompagnés d’une gêne respiratoire, une consultation médicale reste indispensable.

Un intérêt potentiel pour la santé cardiovasculaire

La quercétine fait également l’objet de recherches pour ses effets potentiels sur la fonction endothéliale, c’est-à-dire le fonctionnement de la paroi interne des vaisseaux sanguins.

Elle pourrait intervenir sur la disponibilité du monoxyde d’azote, la relaxation vasculaire, le stress oxydatif et certains mécanismes inflammatoires associés à la santé cardiovasculaire.

Une méta-analyse de neuf essais cliniques regroupant 580 participants a observé qu’une supplémentation d’au moins 500 mg par jour était associée à une diminution moyenne d’environ 5,8 mmHg de la pression systolique et de 2,6 mmHg de la pression diastolique. Les résultats étaient surtout visibles chez les personnes présentant une pression artérielle élevée.

Ces données sont intéressantes, mais elles ne permettent pas d’utiliser la quercétine comme traitement de l’hypertension. Une supplémentation peut également interagir avec les médicaments antihypertenseurs.

Une piste pour le métabolisme du glucose et des lipides

Le stress oxydatif et l’inflammation de bas grade sont étroitement associés aux déséquilibres métaboliques. Plusieurs recherches évaluent donc l’influence de la quercétine sur :

  • La sensibilité à l’insuline.
  • Le métabolisme du glucose.
  • Les concentrations de triglycérides.
  • L’oxydation des lipoprotéines.
  • L’accumulation des graisses dans certains tissus.

Les résultats obtenus chez l’animal sont encourageants, mais les études humaines ne montrent pas encore un bénéfice suffisamment constant. 

La dose, la durée de la supplémentation, l’état métabolique initial et la formulation utilisée pourraient expliquer une partie de ces différences.

Quercétine, immunité et défenses naturelles

La quercétine peut moduler l’activité de plusieurs cellules du système immunitaire. Elle est notamment étudiée pour son influence sur les macrophages, les lymphocytes et la production de cytokines.

Cette action ne signifie pas qu’elle "stimule" systématiquement l’immunité. Son intérêt semble plutôt résider dans une possible modulation de la réponse immunitaire, avec des effets susceptibles de varier selon le contexte.

Les données actuelles ne permettent pas d’affirmer qu’elle prévient ou soigne une infection. 

Elle peut néanmoins être envisagée comme un composant d’une approche nutritionnelle globale associant alimentation diversifiée, activité physique, sommeil suffisant et correction d’éventuelles carences.

Pourquoi la biodisponibilité de la quercétine est-elle limitée ?

La quercétine présente une faible solubilité dans l’eau. Après ingestion, une partie seulement traverse la barrière intestinale. Elle est ensuite rapidement transformée dans l’intestin et le foie en différents métabolites avant de circuler dans le sang.

La quercétine libre, parfois appelée aglycone, n’est donc pas retrouvée en quantité importante et durable dans la circulation après une prise orale classique.

Plusieurs facteurs influencent son assimilation :

  • La forme chimique utilisée.
  • La composition du repas.
  • La présence de matières grasses.
  • Le microbiote intestinal.
  • La technologie de formulation.
  • Les différences individuelles de métabolisme.

Cette question explique le développement de formulations telles que les complexes phospholipidiques, les phytosomes, les nanoparticules ou les formes liposomales.

Quel est l’intérêt de la quercétine liposomale ?

La technologie liposomale consiste à associer un actif à des structures microscopiques composées de phospholipides. Leur organisation rappelle celle des membranes cellulaires.

Dans le cas d’un composé peu soluble comme la quercétine, cette formulation vise à :

  • Améliorer sa dispersion dans les milieux aqueux.
  • Protéger partiellement l’actif pendant la digestion.
  • Faciliter son contact avec la muqueuse intestinale.
  • Augmenter la quantité susceptible d’être absorbée.

L’efficacité réelle dépend toutefois de la qualité de la formulation : taille et stabilité des particules, composition phospholipidique, méthode de fabrication et capacité du produit à conserver son intégrité au cours du stockage.

La mention « liposomale » ne suffit donc pas, à elle seule, à garantir une biodisponibilité supérieure.

Quelle quantité de quercétine prendre ?

Il n’existe pas d’apport nutritionnel recommandé pour la quercétine. Dans les études cliniques, les doses évaluées se situent fréquemment entre 500 et 1 000 mg par jour, généralement pendant quelques semaines.

Ces quantités ne constituent pas une recommandation universelle. Les besoins dépendent du produit, de sa biodisponibilité, de l’objectif recherché, de l’état de santé et des traitements suivis.

Une forme optimisée peut modifier l’exposition réelle de l’organisme. Il n’est donc pas pertinent de comparer deux compléments en se basant uniquement sur la quantité de quercétine indiquée sur l’étiquette.

Quelles sont les précautions à prendre ?

Aux doses couramment étudiées et sur de courtes périodes, la quercétine est généralement bien tolérée. Elle peut néanmoins provoquer chez certaines personnes des troubles digestifs, des maux de tête ou des sensations de picotement.

Un avis médical est recommandé en cas de :

  • Traitement anticoagulant ou antiplaquettaire.
  • Traitement antihypertenseur.
  • Prise de certains antibiotiques ou médicaments métabolisés par le foie.
  • Maladie rénale.
  • Grossesse ou allaitement.
  • Traitement contre le cancer.
  • Intervention chirurgicale programmée.

Par précaution, un complément de quercétine ne doit jamais être utilisé pour remplacer un médicament ou retarder une consultation.

Comment intégrer la quercétine dans une démarche de santé globale ?

La première source de quercétine reste une alimentation riche en végétaux variés : oignons, pommes, fruits rouges, légumes verts, thé et aromates. Ces aliments apportent simultanément des fibres, des vitamines et de nombreux autres polyphénols qui agissent en synergie.

Une supplémentation peut être envisagée lorsque l’on recherche un apport plus concentré et régulier. Dans ce cas, la qualité de la matière première, la dose réellement apportée, la forme galénique et la biodisponibilité sont des critères essentiels.

La quercétine liposomale s’inscrit dans cette recherche d’une assimilation optimisée. Elle ne transforme pas pour autant la quercétine en traitement : elle vise avant tout à mieux valoriser un actif naturellement limité par sa faible solubilité.

Sources scientifiques

  • EFSA – Scientific opinion on health claims related to quercetin
  • PubMed – Quercetin reduces blood pressure in hypertensive subjects
  • PubMed – Quercetin reduces markers of oxidative stress and inflammation
  • NIH – Quercetin and its anti-allergic immune response
  • NIH – Recent advances in potential health benefits of quercetin
  • NIH – Phyto-phospholipid complexes and oral bioavailability

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